Dix ans après la réforme territoriale qui a permis la création des grandes Régions, retour sur trois questions se posant à l’époque.
Après la fusion, l’Occitanie a-t-elle vraiment changé de dimension ?
OUI
Avec la fusion, notre territoire a gagné en superficie, mais aussi, et surtout, en puissance économique, stratégique et politique. Une transformation qui lui permet aujourd’hui de jouer dans la cour des grandes régions européennes, même si l’Occitanie n’a pas atteint l’autonomie des landers allemands. Mais d’où vient réellement ce surcroît de « force de frappe » ?
Un poids démographique et économique qui change la donne
Avec plus de 6 millions d’habitants, l’Occitanie pèse davantage. Cette stature démographique lui offre une visibilité européenne sans précédent et une capacité renforcée à faire entendre sa voix auprès de l’État comme de Bruxelles. Ce poids supplémentaire agit comme un véritable accélérateur pour l’accueil des entreprises, les investissements ou les grands projets. Par exemple : dans l’Hérault, Genvia, spécialisé dans la production d’hydrogène vert (120 emplois créés et 250 emplois d’ici 2032) ou en Haute-Garonne, Ascendance, start-up qui développe des solutions pour décarboner l’aviation (220 postes prévus d’ici 2027).
Des moyens consolidés, une action publique plus musclée
La fusion n’a pas seulement additionné deux budgets : elle a créé un effet de levier. Transports, lycées, formation, développement économique… La Région dispose aujourd’hui de marges de manœuvre élargies, lui permettant de financer des projets plus ambitieux et de rationaliser ses politiques. Durant la crise de la Covid de 2020 et pour en sortir, la Région est intervenue de manière exceptionnelle car la situation l’était. Ce sont 800 M€ qui ont été mobilisés au bénéfice des entreprises, des territoires et de leurs habitants. Plus de 100 000 aides versées, du jamais vu. Sans la fusion, la Région n’aurait jamais eu les capacités d’y parvenir. En clair : plus de moyens, plus de force, plus de cohérence, plus d’impact.
OUI
Avec la fusion, notre territoire a gagné en superficie, mais aussi, et surtout, en puissance économique, stratégique et politique. Une transformation qui lui permet aujourd’hui de jouer dans la cour des grandes régions européennes, même si l’Occitanie n’a pas atteint l’autonomie des landers allemands. Mais d’où vient réellement ce surcroît de « force de frappe » ?
Un territoire aux forces complémentaires
La fusion s’est révélée redoutablement efficace. Toulouse, moteur aéronautique et spatial de rang européen, s’unit à Montpellier, tournée vers la santé, le numérique, la culture et la recherche. Autour, des espaces ruraux et montagnards structurent des filières agricoles (1er employeur régional) et touristiques essentielles. Résultat : une mosaïque territoriale qui fonctionne comme un ensemble cohérent.
Un nouvel élan pour les grands projets structurants
Là encore, la taille fait la différence. LGV, réouverture de lignes ferroviaires, modernisation des ports… L’Occitanie a gagné une capacité de négociation et de financement qui lui permet de peser davantage dans les dossiers nationaux. C’est particulièrement visible dans le domaine de la transition énergétique : la Région investit massivement dans l’hydrogène vert et l’éolien flottant. Port-la-Nouvelle se transforme ainsi en l’un des principaux hubs méditerranéens de l’énergie du futur.
La fusion des Régions a-t-elle éloigné les citoyens de leur administration ?
NON
L’Occitanie est plus grande que 12 pays européens. Pas de quoi s’en réjouir pour autant si la conséquence avait été que ses habitants se sentent encore plus éloignés d’elle.
Consciente de ce risque dès 2016, la Région a agi de multiples façons pour renforcer le lien avec ses habitantes et ses habitants.
On a ouvert une Maison de Ma Région
-au moins- par département…
On en compte aujourd’hui 18 en Occitanie. Regroupant des équipes auparavant dispersées dans les territoires, chacune d’elle a vocation à être le point de contact entre les habitants et la collectivité régionale. Mais elles sont devenues aussi des lieux de rencontre, d’exposition, de formation, d’accompagnement des familles, des associations ou des entreprises du territoire.
NON
L’Occitanie est plus grande que 12 pays européens. Pas de quoi s’en réjouir pour autant si la conséquence avait été que ses habitants se sentent encore plus éloignés d’elle.
Consciente de ce risque dès 2016, la Région a agi de multiples façons pour renforcer le lien avec ses habitantes et ses habitants.
…multiplié les opérations de terrain et favorisé le dialogue…
La proximité, ce n’est pas qu’une histoire de kilomètres : depuis 2016, la Région Occitanie a plusieurs fois par an consulté les citoyens et citoyennes. Du choix du nouveau nom de la Région à la constitution du Plan Habitat Durable en passant par la construction du Pacte Vert suite à la convention citoyenne régionale, ou encore les États Généraux du Rail et de l’Intermodalité, les habitants d’Occitanie ont été appelés à donner leur avis, leurs idées afin de co-construire les grandes stratégies de leur région.
L’Assemblée des Territoires, le Conseil régional des jeunes, le Parlement de la Montagne ou encore le Conseil régional de la Laïcité et des Valeurs républicaines : la Région Occitanie a créé depuis 2017, de nombreuses instances de concertation. En 2026, un comité du dialogue citoyen verra le jour et planchera sur un sujet qui concerne tout le monde, les transports. De quoi se sentir concerné !
La tournée citoyenne, lancée en avril dernier – « La Région toujours là » –, a permis de rencontrer plus de 30 000 Occitans dans les 13 départements. Sur la place du marché, au pied des immeubles, lors de fêtes locales, les élus régionaux sont venus échanger, écouter et prendre note des priorités des habitants.
+ DE 320 000
c’est le nombre de personnes accompagnées par les Maisons de Ma Région, entre 2021 et 2024.
Les maisons de ma région en chiffres
18
Maisons de Ma Région sur 13 départements
à Albi et Castres (Tarn), à Auch (Gers), à Béziers (Hérault), à Cahors et Figeac (Lot), à Carcassonne et Narbonne (Aude), à Foix (Ariège), à Mende (Lozère), à Montauban (Tarn-et-Garonne), à Nîmes et Alès (Gard), à Perpignan (Pyrénées-Orientales), à Millau et Rodez (Aveyron), à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et à Tarbes (Hautes-Pyrénées).
… et développé une politique territoriale de proximité
De 2016 à aujourd’hui, la Région a soutenu et financé les projets de 3870 communes, soit 87 % des communes du territoire régional. Réaménagements de places de village et de centres historiques, mais aussi aides à la transmission d’entreprises et réouverture de commerces multi-services, création de city-stades ou skate-parks, rénovation de salles associatives et de logements communaux, développement de lignes de car… La Région reste particulièrement attentive aux besoins spécifiques de tous ses territoires.
C’est certainement la question qui a le plus fait débat lors de l’adoption de la réforme en 2015 :
La fusion a-t-elle permis de faire des économies ?
OUI
En Occitanie, la réponse est… Oui. Et le montant est de 170 ME d’économies cumulées depuis l’union de 2016. Cela représente l’équivalent du coût de la construction de 4 nouveaux lycées. Concrètement comment ces économies ont-elles été possibles ?
La Région a négocié
La Région a négocié…
des conditions plus avantageuses sur les achats de fournitures et de services (assurance, matériel informatique, etc.). En ayant plus de poids, la Région a aussi pu obtenir des tarifs plus intéressants pour la gestion des aéroports ou auprès de la SNCF quand elle a signé la nouvelle convention TER en 2018. Depuis cette date, cela coûte moins cher de faire circuler un train en Occitanie que dans chacune des anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
…mutualisé
La Région a mutualisé
Grâce à la fusion, la Région achète beaucoup moins de trains et optimise beaucoup mieux leur utilisation. Par exemple, c’est désormais un seul et même train qui part de Montpellier pour rejoindre Toulouse en passant par Carcassonne et plus comme avant un train de Montpellier vers Carcassonne et un autre de Carcassonne vers Toulouse.
OUI
En Occitanie, la réponse est… Oui. Et le montant est de 170 ME d’économies cumulées depuis l’union de 2016. Cela représente l’équivalent du coût de la construction de 4 nouveaux lycées. Concrètement comment ces économies ont-elles été possibles ?
La Région a maîtrisé ses dépenses de fonctionnement
…maîtrisé ses dépenses de fonctionnement…
Les dépenses de fonctionnement de la Région sont maîtrisées et ont toujours été inférieures à l’inflation. Par ailleurs, la Région a réalisé une économie de 10 M€ (cumulés entre 2016 et 2025) sur les indemnités des élus régionaux, grâce à cinq leviers : la non-revalorisation jusqu’en 2021, puis la revalorisation partielle (en 2021) des indemnités en fonction du seuil démographique suite à la fusion, le maintien du nombre de vice-présidents (15) depuis 2016 loin du nombre rendu possible par la fusion (30), la modulation des indemnités des élus selon l’absentéisme et enfin l’actualisation des indemnités inférieure à l’inflation de ces dix dernières années.
La Région a réduit le nombre d’agences régionales de 17 à 3 aujourd’hui
…réduit le nombre d’agences régionales de 17 à 3 aujourd’hui…
Les agences régionales sont des structures spécialisées employant des experts spécialistes d’un secteur bien spécifique : environnement, construction, cinéma, tourisme, livre… Elles étaient 17 avant la fusion et ne seront plus que 3 en 2026 : l’agence Occitanie Culture, l’agence dédiée au développement économique et à l’attractivité et enfin, l’agence pour l’aménagement du territoire et le climat. À la clé : des économies de 22,5 ME entre 2016 et 2020, puis 17 ME jusqu’en 2028.
La Région a supprimé les doublons avec l’État ou d’autres collectivités
…réduit le nombre d’agences régionales de 17 à 3 aujourd’hui…
Certains dispositifs proches de ceux mis en place par l’État ont été supprimés ou réorientés, pour ne pas constituer de doublon. Par exemple, le dispositif régional Rénov’Occitanie, qui s’adressait au même public que MaPrimRénov mis en place par l’État, est désormais entièrement dédié à accompagner les travaux de rénovation énergétique des copropriétés et non des ménages. Cela représente 2 M€ qui ont été injectés dans la politique de la production de logements.